Dans le domaine de la stratégie en temps réel, la voie a été ouverte avec beaucoup de succès sur trois fronts distincts : l'espace et l'anticipation avec Starcraft, l'héroïc fantasy avec Warcraft et enfin l'histoire avec Age of Empires. Fidèle à ses ambitions, et après avoir traité de l'antiquité, de l'avènement des rois au Moyen-âge et des premiers grands conquérants, Age of Empires enchaîne naturellement avec la conquête de l'Amérique. Prêt à repartir quelque cinq cents ans en arrière ?
Ouch, qu'est-ce que c'est beau !
Avant de rentrer dans le jeu à proprement parler, il est impossible, à moins d'être aveugle, de ne pas s'extasier devant les qualités graphiques et techniques d'Age of Empires 3. Les développeurs n'ont pas hésité à utiliser un moteur 3D graphique doublé d'un moteur 3D physique (Havok, pour les connaisseurs) qui étaient jusqu'alors principalement utilisés dans les jeux de tirs comme Half-Life 2 par exemple. Le résultat, c'est une qualité de zoom incroyable, ce sont des unités projetées à plusieurs mètres lorsqu'elles sont touchées par un boulet de canon,
ou un bâtiment qui tombe petit à petit en lambeaux, suivant la nature et la localisation des dégâts. L'immersion est totale, mais attention, elle a un prix, si vous n'avez pas chez vous un PC de guerre, vous pourriez goûter au désespoir des saccades et autres ralentissements.
Malgré le temps qui passe, tu n'as pas changé
Huit nations sont disponibles parmi lesquelles, pêle-mêle, se trouvent les Portugais, les Espagnols, les Français, les Anglais, les Ottomans, les Russes, les Allemands et les Hollandais, plus quelques autochtones qui s'allieront à vous, pour peu que vous ayez la fibre commerciale. Malgré un nouveau contexte historique, les amateurs de la série se sentiront chez eux, tandis que les nouveaux venus n'auront aucune difficulté à faire connaissance avec les mécanismes du jeu. Depuis le début le principe est resté le même : d'un côté il faut gérer les ressources en nourriture, bois et or, et de l'autre, il faut monter une armée capable d'assurer l'attaque des ennemis, autant que la défense de ses terres. Plus vos richesses et vos denrées sont importantes, plus vous pouvez construire de bâtiments, et accéder à des unités terrestres ou maritimes plus productives et plus puissantes. Suivant les missions, vous devrez parfois jouer sur un tableau en particulier plutôt qu'un autre, mais la mécanique, elle, reste la même.
La terre promise, un nouveau monde s'ouvre à nous
Le contexte de la conquête des Amériques permet de modifier le gameplay en introduisant l'intervention de son pays d'origine. En effet, la capitale qui a ordonné l'expédition reste en contact avec vous, et si vous le souhaitez, vous envoie régulièrement des renforts. Suivant votre situation, vous déciderez de la nature de l'aide, productive ou guerrière. Toutes les actions en faveur de votre nation, comme la destruction de bâtiments adverses, lui sont profitables et augmente son niveau d'expérience.
Entre chaque niveau, vous pourrez upgrader votre capitale, et choisir les orientations de l'arbre technologique qui correspondent le mieux à vos aspirations. Les futurs renforts dépendront bien évidemment de vos décisions.
Un menu copieux et classique, sans grande surprise
Un tutorial, un mode campagne en trois actes rocambolesques, qui s'étale sur trois générations, un multijoueur pas très évolué, et toutes sortes de menus pratiques allant des mise à jour sur Internet, jusqu'à l'historique des différentes unités et personnalités utilisées : voilà ce que vous propose Age of Empires 3. Paradoxalement grand public, avec son scénario aguicheur qui s'égare de la rigueur historique de la série, il vous faudra un PC de hardcore gamer pour en profiter pleinement. La perfection n'existe pas, mais ce n'est pas une raison suffisante pour se priver d'un titre excellent. Pour parodier Bashung en évoquant Age of Empires 3, je dirais : « tu m'as conquis, j't'adore ».